Historique

Arzier - Le Muids

Voici un résumé succinct de l'histoire de cette belle et grande commune du Jura tiré pour une importante partie du "Dictionnaire historique vaudois" :

Arzier, Cercle de Begnins, District de Nyon, est à l'altitude de 880m. Son territoire, très considérable, s'étend jusqu'au Bois d'Amont et à proximité du bac des Rousses.

Le village s'appelait Argie en 1306, puis l'on trouve plus tard Argier et Arsie, Arsier au 14ème siècle. Nom probablement dérivé par le suffixe "acus" de quelque nom de personne, peut-être Aredius ou Aregius, qui est fréquent à l'époque mérovingienne.

Une trouvaille faite en 1827 dans un ancien cimetière existant au "Pré de la Cure" a donné une preuve de l'ancienneté du village. En faisant des fouilles pour chercher de l'eau, on a découvert une cinquantaine de monnaies du Moyen-âge, en argent : ce sont des petits " tournois" de Louis IX et de Philippe III, des deniers du type christiana-religio, du XIVème siècle, des deniers de Louis, Baron de Vaud (vers 1300) , des deniers anonymes de Lausanne, de la même époque.

L'histoire proprement dite d'Arzier commence au XIVème siècle. En 1304, les chartreux d'Oujon, dans le but d'attirer des habitants dans leurs domaines, accordèrent de nombreuses franchises aux homme qui étaient venus se fixer à Arzier et qui furent les premiers habitants de ce village.

Tandis que les riches monastères de St Oyens de Joux et de Romainmôtier soumettaient leurs serfs à la taille et à la mainmorte, en échange de la sécurité qu'ils leur donnaient, les chartreux d'Oujon déclarent aux premiers habitants d'Arzier qu'ils les exemptent de toute taille.

Les terres qui sont concédées gratuitement aux nouveaux colons sont assujetties à des censes legères; les corvées ne sont imposées que trois fois l'an. Si l'un des habitants voulait ensuite se transpcrter dans un autre lieu, en abandonnant son seigneur, il était libre de le faire. Dans ce cas, il pouvait vendre à qui il voulait sa maison et ses champs, après, toutefois, que le couvent ait prélevé la 3ème partie du prix des terres et le 13ème denier sur les lods ( droit de mutation).

En échange de ces redevances, les nouveaux colons avaient non seulement des terres à cultiver, mais encore l'usage des forêts et le pâturage de la vaste étendue de montagnes dans le Jura.

Bientôt, les colons qui étaient venus se fixer à Arzier furent pourvus d'une église et d'un curé. En 1306, Aymon du Quart, évêque de Genève, régla les rapports entre ce curé et les paroissiens, ainsi que la fondation de l'église du lieu, la construction de la cure et les revenus du dit curé.

Voici comment furent déterminés les bénéfices du curé: celui-ci aura une prébende (revenu) de moine, le tiers de la dime des novales (terres nouvellement défrichées), une réception (repas) de chaque habitant, 20 poses de terres ou 30 de bois, à son choix. Le couvent aura droit de patronage sur l'église. Les paroissiens construiront l'église et la cure et fourniront les cloches.

L'église fut dédiée à St Antoine; elle eut une certaine réputation dans la contrée. Un acte nous montre un homme de Genolier jurant par les reliques de Saint Antoine d'Arzier !

Après la conquête de 1536, LL.EE. de Berne s'emparèrent de toutes les propriétés de la chartreuse d'Oujon. Ils en aliénèrent une partie, mais gardèrent la seigneurie d'Arzier. Les habitants eurent plus d'une fois, dès lors, à regretter le gouvernement paternel et bienveillant des chartreux.

Un siècle s'était à peine écoulé, en effet, que les habitants d'Arzier, incapables de payer plus longtemps les dîmes et redevances dont ils étaient chargés, laissaient leurs terres en friche et se trouvaient réduits à la plus extrêmne pauvreté. Craignant alors de perdre tous ses revenus, le gouvernement de Berne fit procéder à une enquête et se décida, en 1664, à adopter une mesure exceptionnelle: il accorda à la commune et aux habitants d'Arzier la seigneurie de leur village. La municipalité dut prendre l'engagement de payer au château de Nyon toutes les redevances dont étaient chargées les terres du territoire.

C'est de cet acte de 1664 que date la prospérité de la commune.

Arzier dépendait autrefois de la châtellerie de Nyon; il en fut séparé, avec Le Muids, en 1657, et eut, dès lors, une justice particulière composée du châtelain et de six assesseurs. Dès 1668, le même châtelain et le même curial fonctionnent auprès des Cours de justice de St Cergue et d'Arzier.

La communauté était administrée par un Conseil de 8 membres nommés à vie et pris par moitié à Arzier et au Muids; les gouverneurs étaient aussi choisis alternativement dans chaque village.

Le Muids, écrit le Dictionnaire Historique vaudois, a une altitude moyenne de 695m. La maison d'école est un bâtiment du XVllème siècle avec un curieux clocheton (voir au chapitre des bâtiments).

En 1250 : "Au Muis, grangie deu Mois.

Le Muids est menticnné à cette date-là comme étant une grange dépendant du couvent d'Oujon. Les religieux possédaient un vivier sur le petit ruisseau voisin.